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L’ARMÉE SECRÈTE, NOUVELLE ARMÉE DE L’INTÉRIEUR

C’est la fin octobre 1942 que naît l’Armée secrète, dont la direction est assurée par un militaire qui a l’aval du général de Gaulle, Charles Delestraint. Son objectif : Former une armée de volontaires aguerris pour préparer la libération du territoire.

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Les groupes de l’Armée secrète défilent dans la ville d’Agen libéré, en août 1944

Le 23 octobre 1941, de Gaulle s’adresse aux résistants de l’intérieur. Tout en trouvant absolument normal et même absolument justifié que des Allemands soient tués, il rappelle que sur le terrain, la guerre doit être menée par lui-même et par le Comité national français. Les seules unités constituées capables de mener cette guerre, en France, sont les groupes francs de Combat, qu’on a pris latitude d’appeler : Armée secrète (AS). Au printemps 1942, tandis que Libération constitue ses propres groupes armés, la coordination militaire des mouvements est en bonne voie. Sans remettre en cause à ce moment-là, l’autorité de Jean Moulin, Henri Frenay revendique le commandement de l’Armée secrète, dont les effectifs et les cadres sont en grande majorité issus de Combat. Mais ni Emmanuel d’Astier de la Vigerie (Libération), ni Jean-Pierre Lévy (Franc-Tireur) ne sont d’accord. Quant à Moulin, il fait valoir un argument de poids : Si le chef de l’AS est un chef de mouvement, la politique et le militaire seront confondus, ce qui va à contre la ligne fixée par de Gaulle.

Dans les premiers jours d’août 1942, un nom s’impose : Charles Delestraint, un général de brigade qui avait été atteint par la limite d’âge en 1939, mais qui rappelé pendant la campagne de France, s’était illustré à la tête des chars de combat de la 7e armée. Depuis sa retraite de Bourg-en-Bresse, il anime une discrète résistance dans le cadre des anciens des chars. Admirant de Gaulle, qu’il avait eu sous ses ordres à Metz avant la guerre, il déteste Vichy et hait les nazis. Il donne immédiatement son accord aux envoyés de Frenay. Jamais candidature à un commandement ne fut accueillie avec une telle unanimité. Les trois mouvements l’approuvent avec enthousiasme. Informé par Moulin de gaulle répond par ce télégramme : Charles à Charles d’accord. Le 22 octobre, il envoie à Delestraint, qui a pris comme pseudonyme Vidal, une lettre brève mais chaleureuse : Personne n’est plus qualifié que vous pour entreprendre cela. Et c’est le moment. Je vous embrasse, mon général.

Vidal prend le commandement de l’AS, le 11 novembre 1942. Un mois plus tard, il adresse aux membres et aux cadres des formations militaires des mouvements sont premier ordre général : À tous, il demande une stricte discipline, une attitude véritablement militaire. Puis, il nomme les chefs régionaux et, malgré son inexpérience de la vie clandestine, il se rend en zone nord, prend contact avec les chefs de Ceux de la Libération et de l’Organisation civile et militaire (OCM), en décembre 1942, mais doit résister aux prétentions hégémoniques de Frenay, qui veut imposer à l’AS la tutelle des Mouvements unis de résistance (MUR), nouvellement créés en janvier 1943. À Londres, le mois suivant, il confère avec les plus hautes autorités militaires alliées, sur lesquelles il produit, selon Passy, la meilleure impression et surtout auprès de De Gaulle. Dans les mois qui suivent, il se consacre tout entier à préparer l’AS au futur débarquement Allié, à en faire le noyau de la future armée française, une nouvelle armée de l’intérieur de 150 000 hommes.

Avant de se rendre à Paris, où il a rendez-vous avec Didot (René Hardy), chef du NAP-Fer (Noyautage des administrations publiques), il précise, dans une instruction adressée au BCRA, que l’AS est une armée de volontaires, dont l’unique mission est de libérer le territoire. Qu’elle doit mener une guerre de guérilla qui prendra toute son ampleur lors du débarquement allié. Dans un rapport à Londres daté du 4 juin, Moulin prévient : Le général Vidal fait en ce moment un travail considérable, mais il le fait pratiquement seul et prend des risques excessifs du fait qu’il n’est pas secondé.

À Paris Vidal est arrêté à la station de métro Muette, le 9 juin 1943, avec ses deux adjoints, Jean Louis Théobald et Joseph Gastaldo. Son arrestation a été précédée de celles de son chef d’état-major, Morin-Forestier, et de trois membres importants des MUR, Raymond Aubrac, Maurice Kriegel-Valrimont et Serge Ravanel. Elle précède  de douze jours celle de Moulin, lors de la réunion de Caluire, qui précisément, doit lui donner un successeur. D’abord détenu à Fresnes, puis déporté au Struthof, Delestraint est exécuté à Dachau, le 19 avril 1945. En juillet 1943, le colonel Pierre Dejussieu (Pontcarral) est nommé chef d’état-major de l’Armée secrète, qui sera intégrée dans les Corps francs de la Libération (CFL).

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