NOOR INAYAT KHAN ESPIONNE AU SERVICE DE LA FRANCE

De descendance indienne, Noor Inayat Khan fut un agent secret du Special Operation executive (SOE), créé à l’initiative de Winston Churchill. Bravant tous les dangers, elle a accompli sa mission au sein de la Résistance jusqu’à son exécution par les nazis, à Dachau, le 13 septembre 1944. Son souvenir est célébré en Angleterre comme en France.

PHOTO 1

Noor Inayat Khan

Descendante en ligne direct de Tipou Sultan, souverain musulman du Royaume de Mysore, en Inde. Noor Inayat Khan naît à Moscou le 1er janvier 1914. Après les émeutes de 1917, la famille se réfugie à Paris. Aînée de quatre enfants, Noor prend en charge les siens après le décès de son père en 1927. Elle étudie la musique au Conservatoire de Paris, puis la psychologie infantile à la Sorbonne. Bien que pacifiste et adepte de la non-violence, Noor (la lumière) rejoint Londres, avec son jeune frère Vilayat, lors de l’invasion de la France en 1940. Engagée dans le service secret des Auxiliaires féminines des forces aériennes (WAAF) sous le nom de sa mère (Nora Baker), elle suit une formation d’opérateur radio, Bilingue, elle devient infirmière dans le service secouriste, couverture habituelle des agents féminin du Special Executive (SOE), et prend le nom de code Madeleine. Le SOE, chargé d’aider l’ensemble des réseaux de résistance en Europe occupée. Est divisé en zones géographiques : celle qui concerne la France est désignée par la lettre F. Après un entraînement intensif, Noor atterrit près d’Angers, dans la nuit du 16 au 17 juin 1943. Année terrible pour les réseaux de la Résistance contrôlés par le SOE qui, du fait de trahison, connaissent des pertes importantes.

Madeleine est opérateur radio de Phono, sous-réseau du réseau principal Prosper, dirigé par Francis Suttill. Ce réseau, qui couvre avec ses ramifications la quasi-totalité de la zone occupé, sera sacrifié en août 1943 par les services secrets britanniques afin de faire croire à un proche débarquement. Dès son arrivée en France le 17 juin 1943, Noor est prise en charge par Henri Garry, chef de Phono à Auteuil; le lendemain, elle adresse à Londres son premier message du quartier général opérationnel du réseau, situé dans les locaux de l’École d’agriculture à Grignon. Le 1er juillet, tous les membres du réseau sont arrêtés par la Gestapo, sauf Noor qui parvient à s’enfuir. Changeant plusieurs fois de planques afin d’échapper à la Gestapo et au service de sécurité allemand (SD), elle réussit à transmettre ses messages à Londres et signale le démantèlement du réseau Prosper. Bien que sa sécurité soit compromise, elle refuse d’abandonner ses camarades résistants français et de rejoindre l’Angleterre. Le 30 août, Noor prévient Londres de l’élection de Georges Bidault à la tête du Conseil national de la Résistance, après l’arrestation de Jean Moulin à Caluire. Ironie du sort, pendant ces mois ou elle survit à Paris, elle loge rue de la faisanderie, tout près du SD, situé 84 avenue Foch! Elle est arrêtée le 13 novembre 1943, suite à une dénonciation de Renée Garry sœur d’Henri. Cette arrestation est lourde de conséquences pour la section F du SOE, dont Noor est le dernier opérateur. Détenue au SD, elle tente de s’échapper, interceptée et mise en cellule, elle est interrogée durant cinq semaines mais ne livre aucun nom. Avec deux autres prisonniers, elle tente une autre évasion par les toits qui malheureusement échoue. Elle est transférée en Allemagne, le 25 novembres à Karlsruhe, puis le 27 à Pforzheim.

Considérée comme particulièrement dangereuse, elle est placée dans une cellule séparée et restera pieds et mains ligoté pendant neuf mois. Le 10 septembre 1944, elle est à nouveau transférée à Karlsruhe et rejoint trois autres prisonnières françaises : Yolande Beekman, Eliane Plewman, Madeleine Damermen. Le 12 septembre, elles sont conduites à Dachau sur l’ordre Gmeiner, chef de la Gestapo de Karlsruhe. Le lendemain les quatre femmes sont exécutées par le chef de camp Friedrich Wilhelm Rupert, qui sera à son tour condamné et exécuté en mai 1946.

Noor Inayat Khan est décorée à titre posthume, le 16 janvier 1946 de la Croix de guerre avec étoile de vermeil par le général de Gaulle et de la George Cross, le 5 avril 1949. Plusieurs plaques rappelle son souvenir et lui rend hommage : À Dachau, à Suresnes devant la maison familiale et à l’École d’Agriculture de Grignon. Son nom figure sur le mémorial de Valençay, en Indre-et-Loire, érigé en 1991 en mémoire des 91 hommes et 13 femmes de la section F du SOE morts pour la France. L’histoire dramatique de Noor suscite toujours en Grande-Bretagne un fort intérêt. Un buste a été érigé, le 8 novembre 2012 à Gordon Square Gardens à Londres, où elle habitait.

Commentaires:

Laisser un commentaire

«
»