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LES CAMPAGNES DE TUNISIE ET D’ITALIE, LE SECOND FRONT OUBLIÉ

Le 13 mai dernier, était célébré le 76e anniversaire de la campagne de Tunisie, long  épilogue d’un combat qui a opposé les Alliés aux forces de l’Axe en Afrique du Nord. Une lutte acharnée allait s’ensuivre en Italie ou les troupes du général Juin devaient s’illustrer au Mont Cassino. Un épisode qui constitue une étape décisive dans la victoire contre le Reich.

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Défilé des troupes alliées dans Bizerte le 7 mai 1943

Le 8 novembre 1942, les Alliés lancent l’opération Torch et débarquent  en Afrique du Nord française. Réagissant pressement, l’Axe parvient à établir une solide tête de pont en Tunisie, en expédiant sur ce nouveau front 175 000 hommes et 550 blindés, entre novembre 1942 et janvier 1943. Cet ensemble constitue la 5e Panzer armée du général von Arnim. Le 17 novembre, tandis que le sud tunisien tome sous le contrôle de l’Axe, les premiers contacts sont établis entre les forces Françaises de Tunisie et les troupes alliées qui avancent depuis l’Algérie. La première tentative anglo-américaine en direction de Tunis amène les Alliés à 20 km du port mais ils sont stoppés et finalement repoussés, après avoir subi d’importantes pertes. Très vite, les Allemands reprennent l’initiative en repoussant les forces alliées qui subissent de cuisants revers, notamment à Tébourba, en décembre 1942. La première phase de la campagne de Tunisie s’achève de façon décevante pour les Alliés. Il n’est plus question pour Eisenhower de prendre à revers la Panzer armée de Rommel, laquelle comprend le mythique Afrikakorps, qui bat retraite depuis El Alamein, en Égypte.

La campagne va s’éterniser pendant six mois, mettant aux prises des belligérants sur un terrain très montagneux favorisant le défenseur. Pendant la deuxième phase de la campagne, en janvier-février 1943, L’Axe garde l’initiative en lançant une série de contre-attaques, Les premières opérations, qui visent à  s’assurer le contrôle d’importants cols, sont un franc succès. Elles malmènent les forces françaises du 19e corps d’armée du général Koeltz, sous-équipées et mal soutenues par les Américains. Depuis le début de la campagne, l’armée française a perdu plus de 8000 hommes Début février, Rommel enfin parvenu en Tunisie, soumet un plan visant à contraindre les forces alliées à se retirer en Algérie. Le 5 e panzer armé doit frapper à partir du col du Faïd, tandis que l’Afrikakorps attaquera un peu plus tard. L’offensive est déclenchée le 14 février. Le 20 bousculant un adversaire peu aguerri, les vétérans de Rommel s’emparent de la passe de Kasserine. L’offensive marque toutefois le pas et doit être interrompue avant d’avoir atteint ses objectifs. Les Américains sont néanmoins désorganisés et ont perdu 7000 hommes, près de 200 chars et autant de pièces d’artillerie, ainsi que des centaines de jeeps, camions et half-tracks, les directives du haut-commandement italien et la mauvaise volonté du général von Arnim, qui a gardé d’importantes réserves de panzer, ont empêché les forces de l’Axe de remporter une victoire décisive. Pendant ce temps dans le sud la 8e Army de Montgomery représente une nouvelle menace. Rommel, devenu le chef du Heeres-Gruppe Afrika, constitué de la 5e Panzer armée et de la 1re armée italienne (l’ex Panzer armée retraitant en Égypte), est donc contraint de l’attaquer à Medenine, le 6 mars. Au lendemain de cet échec cuisant il cède son commandement à Arnim et quitte l’Afrique par avion, pour ne plus jamais y revenir.

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Tirailleurs marocains à Pont-du-Fahs, mai 1943

 Les Alliés ont désormais l’initiative jusqu’à la fin des opérations. Au sud, le 16 mars, la 8e army se lance à l’assaut de la 1re armé italienne du général Messe qui s’appuie sur les positions de la ligne Mareth. Le lendemain le 2nd Us Corps de Patton attaque à son tour et s’empare de Gafsa, puis il reçoit l’ordre de menacer les arrières de l’ennemi en se dirigeant vers Makanassy. Les troupes germano-italiennes offrent cependant une résistance sérieuse et Messe réussit à se rétablir sur l’oued Akarit, avant de se retirer en bon ordre en direction d’Enfidaville. La 8th Army, après son long périple depuis l’Égypte, a rejoint ses alliés américains, venus de l’autre côté de l’Atlantique. Le 11 avril, la 8th Army et la 1st Army, qui opèrent la jonction à kairrouan, vont pouvoir agir de concert. La grande offensive interalliée qui doit aboutir à la conclusion de la campagne est baptisée Vulcan. La situation logistique du Heeres-Gruppe Afrika est alors catastrophique et la supériorité numérique alliée est écrasante 500 000 hommes contre 175 000). 

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Carte de la Tunisie 1943

La 8th army part la première à l’attaque le 19 avril mais la défense s’avère solide dès le début des opérations. La lutte dans les djebels est acharnée et les soldats germano-italiens, bien armés, se révèlent très combatifs, Cette offensive généralisée, de plus de 20 divisions alliées contre un ennemi affaibli, n’est donc pas parvenue à briser la défense adverse. Il faudra attendre le 6 mai, pour que l’assaut final soit enfin donné avec l’opération Strike. Le général von Arnim ne peut qu’ordonner à ses deux armées de se replier : le 5 e panzer armé part ver Bizerte et la 1re armée italienne vers la péninsule du Cap Bon. Une résistance sporadique se poursuit pendant quelques jours, puis la reddition se succèdent. Le 10 mai, un détachement de la force L du général Leclerc entre symboliquement à Tunis. Arnim se rend le 11 mai, puis Messe le 13. Les Alliés ont capturé environ 250 000 prisonniers depuis le début de la campagne. Les conséquences de la défaite de la Tunisie sont plus graves pour l’Axe que celle de Stalingrad. La fin de l’Italie fasciste est proche. Pour les Allemands, elle signifie la perte de nombreuses unités d’élite. Du fait des pertes subies par les forces de l’Axe en Afrique du Nord, celles-ci seront en nombre insuffisant pour assurer l’inviolabilité de la forteresse Europe par le sud. Enfin l’armée française est de retour au combat avec des effectifs conséquents. La Tunisie aura constitué pour l’armée américaine un terrain essentiel avant d’affronter la Wehrmacht dans la campagne décisive qui s’ouvrira en Normandie en juin 1944.

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Débarquement et progression, des Alliés en Italie en 1943

La campagne d’Italie

Préparée par les états-majors alliés avant même la conclusion de la campagne de Tunisie, l’invasion de la Sicile par les Alliés le 10 juillet 1943, l’opération Husky, met l’Italie en première ligne des opérations militaires, Ce revers provoque la chute de Mussolini qui survient le 23 juillet. Début août la difficile victoire alliée en Sicile est toutefois bien amer. Succès stratégique allié, elle n’en est pas moins un succès tactique allemand retentissant. Commencée le 11 août, l’évacuation des forces de l’Axe vers la Calabre permet le franchissement du détroit à 110 000 soldats. Le 9 septembre 1943, les Alliés débarquent à Salerne. Radio-Rome annonce la reddition inconditionnelle de l’Italie. Les Allemands ne sont pas pris au dépourvu et l’opération Achse invasion et désarmement de l’Italie est aussitôt déclenchée. La Wehrmacht occupe les trois quart du pays et Mussolini libéré, a reconstitué une république fasciste à Salo. L’Axe ne s’est donc pas complètement effondré en Méditerranée. De précieuses divisions, dont de nombreuses unités d’élite, sont alors déployées par les Allemands en Italie est aussitôt déclenchée.  En mai 1944, on y dénombre 26 divisions allemandes et 6 divisions italiennes fascistes. Des effectifs conséquents : 450 avions, 450 chars, 360 000 combattants, répartis dans les 17 divisions qui se trouvent mobilisées sur le front. Après l’échec de la contre-attaque sur Salerne, les Allemands réussissent une retraite qui constitue un modèle du genre. Hitler, dont l’aversion pour tout abandon de terrain à l’ennemi est bien connue, est convaincu par le général Kesselring.

Nommé commandant en chef en Italie de la possibilité d’arrêter les Alliés sur la ligne Gustave qui s’étire entre Ortona et l’embouchure du Garigliano.

La pièce maîtresse de cette ligne constituée par le massif de Monte Cassino. Au sud de cette ligne, des rivières et des crêtes offrent des lignes de défenses parallèles entre elles et perpendiculaires à l’Axe d’avancée des forces alliées. Comme les montagnes tunisiennes et sicilienne, la ligne Gustave constitue un véritable cauchemar pour les troupes alliées qui piétinent devant les défenses allemandes, entre décembre 1943 et mai 1944, quatre batailles sont livrées pour enfoncer le verrou de Cassino 105 000 pertes alliées contre 80 000 pour les Allemands. Le débarquement à Anzio le 21 janvier 1944 sur les arrières allemands ne débouchant pas sur la percée tant espérée. À la surprise de nombreux observateurs, la bataille est emportée à Cassino en mai 1944, grâce à l’intervention décisive des troupes françaises du général Le général Juin. Avec audace, le corps expéditionnaire français enlève de puissantes positions défensives. De l’impressionnante observatoire du Monte Majo, ou est hissé un immense drapeau tricolore. Les Français peuvent diriger le tir de près de 400 pièces d’artillerie. Le soir du 13 mai alors que les Américains et Britanniques piétinent, la ligne Gustave est rompue dans le secteur français. Malgré la fatigue provoquée par deux jours d’âpres combats, les français partent à la poursuite de l’ennemi qui bat en retraite. Risquant d’être pris à découvert, les défenseurs du Monte Cassino sont donc contraints de se replier à leur tour.

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Montée en ligne des Tirailleurs du 6e RTM sur le front français d’Italie, près du village de Vitticus, le 24 février 1944

L’allant et l’efficacité des troupes françaises, qui ont à cœur d’effacer l’humiliante défaite de 1940, sont une surprise pour les Allemands Kesselring ne peut s’empêcher de reconnaître la qualité des troupes du général Juin. Cependant, si les Américains entrent dans la ville Éternelle, le 4 juin, l’armée allemande n’est pas détruite et la campagne d’Italie est loin d’être gagné. Les Alliés sont, une nouvelle fois, bloqués à la fin de l’été sur une formidable ligne de défense : La ligne Gothique. En 1945 toutefois, le Reich est aux abois et ne peut plus faire face à l’énorme machine de guerre alliée qui le détruit inexorablement de toute part. Le front italien s’effondre à son tour et le 2 mai, les forces armées allemandes en Italie capitulent. Les armées alliées ont donc finalement gagné cette difficile et coûteuse campagne d’Italie, un front secondaire qui n’en a pas moins nécessité des moyens considérables et dont l’impact sur l’évolution de la guerre n’est pas  à négliger.

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Le général Juin et les généraux alliés Clark et Alexander à Sienne le 19 juillet 1944

Outre la diversion d’importantes forces allemandes vers le sud. Le succès d’Overlord tient en partie à l’expérience acquise par les forces alliées en matière d’opérations amphibie et aéroportées au cours des débarquements et des parachutages d’Afrique du Nord, de Sicile, de Salerne et d’Anzio.

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