CHARLES DELESTRAINT

Chef de l’Armée secrète, déporté et assassiné à Dachau, Charles Delestraint incarnait l’esprit même de la Résistance. Si sa carrière militaire ne l’avait guère prédestiné à devenir agent secret, la volonté de lutter contre l’occupant lui inspira, dès juillet 1940, la conviction que la défaite n’était pas irrémédiable.

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Charles Delestraint

Pour comprendre le destin de Charles Delestraint, il faut, comme souvent, à partir de l’enfance, issu d’une famille lilloise marquée par l’occupation prussienne de 1870, Charles Delestraint est né le 12 mars 1879, à Bidasche-Saint-Vaast, dans le Pas-de-Calais. Après des études chez les pères maristes, il est reçu brillamment, en 1897, à Saint-Cyr, une école dont il sort en 1900. Treize ans  durant, il exerce la fonction de sous-lieutenant des chasseurs à pied. Capitaine des chasseurs à pied. Capitaine des chasseurs à pied en août 1914, il se distingue par une action d’éclat, mais tombé dans une embuscade, il reste en captivité en Allemagne jusqu’en novembre 1918. Mais ses après la guerre que sa vocation se dessine. Comme le général Estienne et le futur général de Gaulle, Charles Delestraint à compris l’importance qu’auront les blindés, si par malheur, une nouvelle guerre devait avoir lieu. Aussi, opte-il pour cette nouvelle arme. Devenu lieutenant-colonel puis colonel, il aura bientôt la possibilité d’expérimenter son intuition, En 1936, général de brigade, des chars de Metz, il a sous ses ordres le colonel Charles de Gaulle, qui commande le 505e régiment des chars de combat et a déjà publié ses réflexions sur le sujet. Le 10 mai 1940, le Blitzkrieg surgit À la tête du groupement des 2e et 43 divisions, Delestraint fait font avec ses chars, qui, de moins en moins nombreux, continuent le combat, tout au long de cette retraite au cours de laquelle, à Valençay le 18 juin, Delestraint entend l’appel de celui en qui il met toute sa confiance. On peut dater du 8 juillet 1940 l’entrée de Charles Delestraint en résistance. Après une retraite épuisante, il se retrouve au camp de Quélus ou il fait ses adieux à ses compagnons d’armes en des termes qui révèlent à la fois sa décision d’agir pour résister à l’occupant et sa certitude de la victoire finale. Si nous conservons la Foi dans les destinées de notre pays, si nous nous comportons en Français et non en avec une mentalité de chiens battus et d’esclaves, si nous savons vouloir, la France ressuscitera un jour du calvaire présent. Replié à Bourg-en Bresse, mis au cadre de réserve, il manifeste ses convictions auprès des civils des Anciens des chars qu’il réunit dans de nombreuses villes de la zone non occupée À l’été 1942, sur l’avis d’Henry Frenay, Jean Moulin propose le nom de Delestraint au général de Gaulle pour organiser l’Armée secrète qui doit fusionner les groupes paramilitaires des mouvements de résistance Combat, Libération et Franc-Tireur, le 4 août 1942, parvient à Londres à Jean Moulin le message du chef de la France libre confirmant ce choix : Sous le pseudonyme de Vidal, Delestraint peut enfin offrir son action à la cause. Il trouve en Jean Moulin (Max) un homme aussi passionné et déterminé que lui. L’année 1942-1943, les voit donc réunis, malgré les pièges organisés par l’ennemi et les obstacles dressés par les amis, écrit le général de Gaulle dans ses mémoires. Malgré les traquenards, Vidal commandera l »Armée secrète, organisée et structurée en zone sud, en attendant le jour J, qu’il ne verra jamais. Le 9 juin 1943, au métro La Muette, alors qu’il a rendez-vous avec René Hardy, un des responsables de Résistance Fer, Vidal est arrêté par la Gestapo, douze jours avant l’arrestation de Jean Moulin à Caluire. L’arrestation de Vidal fut un coup dur pour l’Armée secrète et pour Jean Moulin qui l’annonça au général de Gaulle en des termes émouvants.

Charles Delestraint est détenu à Fresnes et, après une instruction de neuf mois, déporté au camp de Natzwiler-Srutthof, en Alsace, ou il devient un déporté Nacht und Bebel, de la catégorie de ceux que l’on doit faire disparaître dans la nuit et le brouillard. Parmi les prisonniers qui l’ont désigné comme leur chef, il incarnera jusqu’au bout l’esprit de résistance. Début septembre 1944, il est transféré  au camp de Dachau. Le 19 avril 1945, dix jours seulement avant l’arrivée des Américains, il est abattu d’une balle dans la nuque, avant d’être incinéré au crématoire du camp. Il se savait condamner par les SS mais ses avec sérénité que, soutenu par sa profonde foi religieuse, il donna sa vie à la France, à la veille de la Victoire. Le 10 novembre 1989, en hommage de la Nation, le nom de Charles Delestraint est officiellement gravé en lettres de bronze au panthéon à Paris.

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