LE FORT DE VILLY-LA-FERTÉ

Situé au sud des Ardennes, installé au sommet d’une colline entre les villages de Villy et de La-Ferté-sur-Chiers, le petit fort de La Ferté est l’un des ouvrages les plus célèbres de la Ligne Maginot puisqu’il est connu pour avoir été pris de vive force par les Allemands le 19 mai 1940.

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Une des cloches, vue en surface

L’ouvrage de La Ferté se trouve être le dernier maillon de la Ligne Maginot vers le nord-ouest. Dépendant du secteur fortifié de Montmédy, il est construit entre 1935 et 1938 et fait partie des nouveaux fronts créés après la proclamation de la neutralité de la Belgique. Cependant, La Ferté n’est pas un ouvrage de la Ligne Maginot au sens strict car il ne comprend  ni caserne ni usine électrique souterraine. De même, son armement est insuffisant. L’ouvrage se compose de deux blocs de combat, le nord et le sud, qui sont reliés entre eux par une vaste galerie souterraine. Enfin par manque de moyens financiers, l’ouvrage prévu pour protéger les arrières de La Ferté ne fut jamais construit, ce qui rendait ce dernier très vulnérable. Pendant l’hiver 1939, La ferté fut tout de même renforcée par des éléments implantés autour de lui, comme des maisons fortes, des blockhaus, des caves bétonnées, des obstacles de rails et de barbelés. Le 10 mai 1940, les Allemands déclenchent leur offensive vers l’ouest. Le 13, ils franchissent la Meuse à Sedan et se rapprochent très vite de l’ouvrage de La Ferté qui se retrouve dans la nuit du 14 au 25 sur la ligne de défense française. Il est alors occupé par 104 hommes du 155e régiment d’infanterie de forteresse (RIF) commandé par le lieutenant Bourguignon et deux autres officiers. C’est alors que le commandement Allemand décide de neutraliser La Ferté et le village fortifié de Villy qui flanque l’ouvrage vers le nord et est défendu par des hommes du 23e régiment d’infanterie coloniale. L’ennemi concentre d’importants moyens d’artillerie.

La garnison de Villy va résister courageusement trois jours aux attaques allemandes, mais le 18 mai. À bout de ressources elle est obligée de cesser le combat et de se rendre. L’ouvrage de La Ferté se retrouve alors seul face à l’ennemi. Le même jour, dès 18 heures, les Allemands lancent une préparation du terrain avec 250 pièces d’artillerie dont les redoutable 88 qui s’en prennent aux cloches du bloc 2. L’attaque principale débute le 18 mai en fin d’après-midi. Un créneau de la cloche qui explose à l’intérieur. Les hommes qui s’y trouvent sont tués. La tourelle éclipse est également endommagée et ne peut bouger. Des pionniers allemands se lancent à l’assaut de l’ouvrage, font sauter les créneaux de tir des cloches blindées culbutent la tourelle et introduisent des charges de neutralisations. Le 19 mai à 5 h 30 du matin, le front de La Ferté ne répond plus. La plupart des 107 soldats français de l’équipage sont mort par asphyxie.

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Impacts d’obus de 88 mm sur une des cloches de tir français

Aujourd’hui propriété des communes de Villy et de La Ferté, le fort est ouvert à la visite. Celle-ci débute par une longue descente de 175 marches qui conduit les visiteurs à près de trente mètres sous terre. Ils pénètrent alors dans le bloc 1 ou ils découvrent la chambre de tir avec son armement, le central téléphonique, une pièce de repos pour les soldats et une autre pour le lieutenant Bourguignon, une petite centrale électrique. Une galerie souterraine de 270 mètres de long, ou la température n’excède pas les 13 degré relie le premier bloc au second. Elle desserre aussi la cuisine, l’infirmerie, une réserve à munitions et le stock de fioul. Le bloc 2 permet de voir une tourelle à ellipse et des cloches de tirs plus ou moins endommagées par l’attaque Allemande, un local radio, un local téléphonique, une soute à munition et les réserves de fioul, le puits, une chambre de repos abîmée par les explosions. À proximité de l’ouvrage, un monument en hommage aux héros de Villy-La Ferté rappelle le sacrifice des 107 défenseurs dont la plupart sont enterrés dans la nécropole nationale de Villy.

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