LA ZONE ROUGE DE VERDUN

Au lendemain de la Grande Guerre, l’ancien champ de bataille de Verdun est classé Zone Rouge en raison de l’Ampleur des destructions et des bouleversements en profondeurs des sols. 19 571 hectares feront l’objet de reboisement, de classement en vestiges de guerre ou seront transformés en terrains militaires.

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Photo du village d’Esnes et le Mort Homme ravagé par la guerre 1914-1918

Dès 1915, les villages du front de la région fortifiée de Verdun sont progressivement évacués par leurs habitants. L’armée les utilise alors et les mets en état de défense enfin de résister à une attaque allemande. Les combats de l’année 1916 transforme la région en un immense paysage lunaire totalement ravagé, bouleversé par des milliers d’obus, lacéré par des centaines de kilomètres de tranchées et de boyaux, truffé d’abris, de sapes et de tunnels; un paysage parcellisé, à l’image d’une gigantesque toile d’araignée par des fils de fer barbelés. Des villages, il ne reste plus que les noms, inscrits sur les cartes d’état-major.

À la fin de la guerre, ces terrains ne présentent plus qu’un sol minéralisé impropre à l’agriculture. En application de la loi du 17 avril 1919 sur la réparation des dommages de guerre, l’État rachète 19 571 hectares qui vont être classés en Zone Rouge, du nom de la couleur qui la signale sur les cartes. Ces terrains sont répartis sur quarante-six communes, dont onze ont été totalement expropriées. 13 404 ha sont affectés ministère de l’Agriculture pour être reboisés, tandis que les surfaces restantes servent à créer des terrains militaires ou sont classées comme vestiges de guerre dépendant du ministère des Beaux-Arts. Pendant que les militaires su service d’assainissement du champ de bataille sécurisent certains sites, les équipes des services des sépultures de guerre recherchent les corps.

De 1929 à 1935, l’administration des Eaux et Forêts entreprend la restauration forestière. Les anciens bois 4000 ha environ sont maintenus en état; aujourd’hui, ils rappellent les bois primitifs. De leur côté, 9000 ha de terres sont reboisés, pour l’essentiel en espèces résineuses. Neuf villages, complètement anéantis, ne sont pas reconstruits : il s’agit sur la rive droite de la Meuse, de Beaumont, Bezonvaux, Douaumont, Fleury-devant-Douaumont, Haumont, Louvemont, Ornes et Vaux-devant-Damloup; sur la rive gauche, de Cumières. Ils se voient attribuer le titre de mort pour la France et sont décorés de la Croix de guerre avec palme. Ces villages vont toutefois survivre symboliquement au travers d’une commission municipale avec un président faisant fonction de maire. Dans chacun d’eux, une chapelle commémorative, élevée à l’emplacement aux morts rappellent leur disparition.

Plusieurs centaines de monuments parsèment la Zone Rouge, de l’humble stèle érigée par la famille d’un combattant à l’immense ossuaire de Douaumont ou reposent les restes de 30 000 soldats non identifiés relevés sur le champ de bataille et dont la tour domine la nécropole nationale qui abrite depuis 1925 plus de 16 000 corps. Celle-ci est encadrée par les monuments israélite et musulman, dédiés aux combattants de ces confessions morts au cours du conflit. Tout près de là, une dalle de béton posée sur d’épais pylônes recouvre la tranchée des baïonnettes.

Des routes et des sentiers pédestres, aménagés au cœur de ce territoire bouleversé, permettent d’accéder aux principaux hauts lieux de la bataille, comme les forts de Douaumont, Vaux, Souville ou Froideterre, l’abri des quatre Cheminées, le PC du colonel Driant ou le monument du Mort Homme, près de Feury-devant Douaumont, un mémorial retrace l’histoire de la bataille autour de la reconstitution grandeur nature du terrain pendant les combats. Soutenus par le ministère de la défense, plusieurs partenaires œuvrent aujourd’hui à l’entretient et à la valorisation de la Zone Rouge : Le Conseil général de la Meuse, l’Office national des Forêts, le Souvenir français la plus ancienne association vouée aux tombes et aux monuments, le comité national du Souvenir de Verdun créé par l’académicien et ancien combattant Maurice Genevoix, l’association nationale su Souvenir de la bataille de Verdun, l’association pour la sauvegarde du champ de bataille, les grandes fédérations comme Maginot, les Gueules cassées.

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