LES AUTOCHROMES, ANCÊTRES DE LA PHOTO COULEUR

L’établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD) possède une collection exceptionnelle d’autochromes datant de 1916 et 1917. La nouvelle méthode de photographie en couleur inventée par les frères Lumière a laissé de magnifiques témoignages d’une époque.

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Toilette au bord de la rivière

Commercialisée par les frères Lumière En 1903, la plaque autochrome est l’ancêtre de la photographie couleur. Elle est formée d’une plaque de verre sur laquelle on dépose un film mosaïque trichrome, puis un vernis, puis une nouvelle couche photosensible. Le filtre est composé de très petits grains de fécule de pomme de terre colorés en orange, vert ou violet et mélangés dans des proportion telles que la lumière transmise globalement par la plaque n’ait pas dominante. L’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD) conserve un fonds de 561 autochromes. C’est photographies ont été prises à partir de la fin de 1916 et pendant toute l’année 1917 par des opérateurs de la Section photographique et cinématographique des armées. 204 d’entre elles sont d’un format 13 X 18 cm et 292 de 9 X 12 cm; une seule plaque panoramique fait 6 X 13 cm. Cette collection dévoile pour l’essentiel l’ampleur des destructions causées par la guerre entre autres à Verdun, Reims, Arras.

Ces images  ont immortalisé maisons, églises, cathédrales, lieux symboliques des grandes villes de province en ruines. D’autres vues présentent des villages et des paysages d’Alsace et des Vosges, de même que des portraits de personnalités civiles et militaires, tels les responsables de la garnison de Verdun, le général Foch, le préfet de la Meuse, le préfet de la Marne et le maire de Reims. Le fond comporte également des clichés représentant des scènes de la vie quotidienne de la population, marchés et place commerçants de Reims ou de celles des soldats, français et étrangers. On y trouve aussi une collection de portraits de groupes, des vues de manœuvres ou exercices du 3e régiment des zouaves, du 14e régiment du train et des équipages, de spahis marocains, des troupes indiennes britanniques; des images de la présence française en Afrique du Nord, notamment dans les camps de prisonniers allemands et dans les écoles de mitrailleurs.

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Conversation entre un poilu et une paysanne

Faute de sources, certains clichés n’ont pu être identifiés de façon complète. Pour les plaques autochromes, la technique de prise de vues est différente : Elles ont la particularité d’être exposées côté verre tourné vers l’objectif, contrairement aux plaques en noir et blanc. La surface sensible, non protégée, est très fragile lors des manipulations. C’est pourquoi le montage des plaques est obligatoire pour assurer leur conservation : Doublage par une plaque de verre du même format contre la surface sensible et collage d’une bande adhésive étanche sur le pourtour. Les plaques autochromes peuvent être observées dans un stéréoscope, dans un porte-plaque à miroir, par projection dans une lanterne ou montées en vitrail.

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Poilus dans une tranchée

Peu rapide, ce procédé photographique ne permettait pas l’instantané, une seconde de pose en plein soleil était nécessaire, six fois plus par temps couvert, dix secondes en atelier. Ces temps de pose longs exigeaient l’utilisation d’un pied pour ne pas bouger lors de la prise de vue, ce qui explique le caractère figé des images réalisées.

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