GEORGES CLEMENCEAU (1841-1929)

Il y a 100 ans, en novembre 1917, Georges Clemenceau est nommé président du Conseil et ministre de la guerre. C’est le moment d’une carrière politique commencée dans la seconde moitié du XIXe siècle.

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Étudiant en médecine en 1862

Né en 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), Georges Clemenceau grandit dans une famille très républicaine. Marquée par cette tradition familiale et par l’empreinte de son père médecin, il entreprend, après son baccalauréat, des études de médecine à Nantes puis à Paris, qu’il mène de front avec des activités politiques et journalistiques très engagées. Après son doctorat, il part pour les États-Unis en 1865. Il y séjourne pendant quatre ans et s’intéresse particulièrement à la vie politique de ce pays et notamment aux questions sociales comme celle de la condition des Noirs. De cette prise de contact directe avec un pays démocratique naîtront une série d’articles, 95 lettres publiées dans le Temps. Pendant cette période, il enseigne le français et même l’équitation dans une institution de jeunes filles. En 1869, il épouse une jeune américaine Mary Plummer. Il revient en France au début de la guerre de 1870. Après la défaite de Sedan et la proclamation de la République le 4 septembre 1870, Clemenceau est maire du XVIIIe arrondissement de Paris au moment de la Commune.

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Mary Plummer 1849-1922

Député de Paris en 1876, il s’impose vite comme chef de file des radicaux républicains. Situé à gauche sur l’échiquier politique, il se fait une réputation de tombeur de ministères et gagne le surnom de Tigre pour sa férocité. Mis en cause dans l’affaire de Panama en 1892-1893, Clemenceau s’éloigne de la politique jusqu’en 1897. Rédacteur au journal l’Aurore, il joue un rôle majeur dans l’affaire Dreyfus en acceptant de publier le célèbre article J’accuse de Zola, le 13 janvier 1898. Sénateur en 1902, Clemenceau entre au gouvernement en 1906 comme ministre de l’Intérieur et devient, en octobre de la même année, président du Conseil. La France est alors secouée par des grèves et des remous politiques. Clemenceau acquiert une réputation de briseur de grève et se donne le surnom de premier flic de France. Le gouvernement tombe en 1909 et Clemenceau reprend la plume. Ses centres d’intérêts sont de plus en plus diplomatiques et militaires.

Il condamne le pacifisme socialiste et dénonce les insuffisances militaires, à tel point que son journal L’Homme enchaîné est régulièrement censuré à partir de 1913. Sénateur, président de la Commission de l’Armée à la Chambre haute, il se rend régulièrement sur le front et soutient l’idée d’une victoire militaire. Plutôt que celle d’un compromis. En novembre 1917, Poincaré l’appelle à la tête du gouvernement comme président du Conseil et ministre de la Guerre. Clemenceau restaure la confiance : Ni trahison, ni demi-trahison : la Guerre proclame-t-il. En politique intérieure, il réprime toute tentative de révolte, de mutinerie ou de grève. Il soutient le moral des troupes, poursuit les pacifistes, les défaitistes et fait pression sur la presse sans pour autant utiliser la censure. J’usqu’au-boutiste, il définit sa politique en des termes très clairs Je fais la guerre! (Discours à la Chambre, le 8 mars 1918).

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Georges Clemenceau, en novembre 1929, avec son calot de troupier à deux coins. À la fin de sa vie

Favorable à un commandement unique, il soutient Foch dans ses grands choix stratégiques. Imposant sa marque profonde sur la dernière année du conflit, plus que jamais, son surnom de Tigre est à la fois célèbre et mérité. À celui-ci vient s’ajouter celui de  Père de la victoire qui résume à lui seul la part qu’il prit au redressement de 1918, notamment pour son rôle dans la création du commandement unique en mars. C’est Clemenceau qui annonce à la Chambre et au pays les conditions de l’armistice. En 1919, en compagnie de Raymond Poincaré président de la République, il entreprend un voyage triomphal dans l’Alsace et la Lorraine reconquises. Au cours des négociations de paix qui aboutissent au traité de Versailles, il se caractérise par sa volonté de faire payer à l’Allemagne et exige de lourdes indemnités matérielles et financières, allant jusqu’à s’opposer aux États-Unis et à la Grande-Bretagne. Il est plus facile de faire la guerre que la paix, constate-t-il. Un temps pressenti pour la présidence de la République, il échoue devant Paul Deschanel et se retire de la vie politique. Il meurt en 1929.

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