LES QUATORZE POINTS DE WILSON

Le 8 janvier 1918, neuf mois après avoir demandé au Congrès des États-Unis de voter la déclaration de guerre contre l’Allemagne, Le président Wilson présente dans un discours les objectifs américains pour l’après-guerre.

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Discours du président Wilson, le 8 janvier 1918 au Congrès 

De formation universitaire, spécialiste des institutions politiques américaines, membre de l’Église presbytérienne, Woudrow Wilson veut remodeler le monde de l’après-guerre à partir d’un pacte d’alliance , légitime et universel, il sera signé par des gens libres, honnêtes, responsables et mettra fin à la guerre pour toujours. Ce sont les quatorze points que le président des États-Unis propose dans un discours au Congrès le 8 janvier 1918. Ils peuvent être regroupés en trois catégories.

Les points non négociables comprennent des principes généraux, comme la signature de pactes ouverts conclus ouvertement ou encore le rétablissement du libre-échange tel qu’il existait au XIXe siècle. Sur un plan plus concret, Wilson exige que les Allemands évacuent la Belgique et se retirent de la France occupée, y compris de l’Alsace et de la Lorraine. D’autres points apparaissent peu réalistes, comme le point V prévoyant un ajustement libre, ouvert et absolument impartial de toutes les prétentions coloniales ou les intérêts des colonisateurs et ceux des colonisés pèseraient exactement du même poids. Ou encore celui demandant que l’arsenal national soit réduit au minimum compatible avec la sécurité intérieurs (point IV). Enfin le point XI préconise une réorganisation des Balkans selon des tracés historique d’allégeance et de nationalité. Une troisième catégorie de points va à l’encontre des objectifs de guerre et des intérêts stratégiques des Alliés. Le point II demande une liberté totale de navigation sur les mers, ce que la Grande-Bretagne ne peut accepter. Le point IX qui réclame un ajustement des frontières italiennes selon le principe des nationalités, mécontente des Italiens s’oppose aux promesses britanniques et françaises de 1915 de leur donner des régions de l’ancienne Autriche-Hongrie.

Enfin le point VI reconnaît à la nouvelle Russie soviétique le droit de décider, en pleine indépendance, de son propre développement politique et de son organisation nationale. Certaines propositions concernent les Empires centraux et leurs alliés. Le point X, s’il réclame pour les peuples d’Autriche-Hongrie, en termes vagues, la possibilité d’un développement autonome, souhaite que la double monarchie soit sauvegardée. Le point XII reconnaît aux peuples non turcs de l’Empire ottoman la pleine possibilité de se développer d’une façon autonome. Une Pologne indépendante doit renaître (point XIII), sans tenir compte du sort des populations allemandes se trouvant sur son territoire.

Quant à l’Allemagne, le président Wilson ne mentionne pas la question des réparations à payer aux Alliés. Il ne souhaite pas punir mais la réhabiliter en l’associant au nouvel ordre mondial. Le point XIV réclame la création d’une association générale des nations afin d’offrir des garantis mutuelles d’indépendance politique et d’intégrité territoriale aux petites comme aux grandes. Wilson est accueilli avec enthousiasme à son arrivée en Europe en décembre 1918. Mais lors des négociations de paix qui s’ouvrent à Paris un mois plus tard, les idéaux du président américain se trouvent confrontés à de dures réalités, les intérêts de la Grande-Bretagne et de la France ne pouvant être écartés aussi facilement. De plus, son parti (Parti démocrate) vient de perdre la majorité aux élections sénatoriales et le Sénat américain s’opposera par la suite à la ratification du traité de Versailles. Cependant, ses grands idéaux marqueront durablement la population américaine jusqu’à aujourd’hui, avec notamment la volonté de vouloir remodeler le monde selon des valeurs démocratiques universelles.

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