LOUIS PERGAUD 1882-1915

Auteur du célèbre roman La Guerre des boutons, Louis Pergaud fut mobilisé dans l’infanterie en août 1914. Blessé puis porté disparu près des Éparges en avril 1915, son corps ne fut jamais retrouvé.

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Louis Pergaud naît le 22 janvier 1882 à Belmont, petit village du Doubs. Il est le fils d’un instituteur aux fortes idées républicaines. À douze ans, Louis est reçu premier au certificat d’études primaires. Il doit alors quitter sa famille et sa région de vergers et de forêts qui sera à la source de toute son inspiration d’écrivain. Installé à Besançon, il intègre brillamment l’École normale en juillet 1898. Très marqué par les décès de son père et de sa mère en février et mars 1900. Pergaud obtient tout de même le 16 juillet, le brevet supérieur de l’École normale. Il est nommé instituteur adjoint dans un petit village du Doubs.

En 1902 et 1903, il accomplit son service militaire à Belfort. Revenu à la vie civile, Pergaud commence sérieusement à travailler sur des poésies, d’autant que son métier d’instituteur ne le passionne pas; paru en 1904, le recueil l’Aube apporte à Pergaud un moment de joie dans une vie marquée par les échecs. Un mariage raté, la naissance d’un enfant suivi de son décès trois mois plus tard; de plus, mal jugé par ses supérieurs, il décide de demander un congé sans solde pour aller vivre à Paris. Là il peut enfin se consacrer à l’écriture. En 1908, paraît son deuxième recueil de poésies. L’herbe d’avril, qui le fait connaître dans les milieux littéraires parisiens. Remarier, redevenu enseignant à Arcueil, il publie en 1909 De Goupil à Margot, prix Goncourt, qui lui apporte la gloire et une aisance financière. En 1912, c’est la Guerre des boutons, suivie en 1913 par le Roman de Miraut, puis La Vie des bêtes et les Rustriques. À la déclaration de la guerre, il rejoint Verdun ou il intègre le 166e régiment d’infanterie. Après une période d’instruction, Pergaud gagne le  front le 1er octobre : son unité occupe le secteur de la région de la Woëvre. Le 4, il écrit : J’ai passé ma première nuit dans les bois, dans une hutte de branchages confectionnée à la hâte, mais que je vais aménager savamment aujourd’hui, selon la science acquise jadis au temps de la guerre des boutons.

Le 7 et le 8 octobre, il reçoit le baptême de feu dans les tranchées au nord de Fresnes-en-Woëvre, le 9 février 1915, Pergaud est nommé adjudant de bataillon, ce qui lui permet de demeurer un peu à l’abri dans la tranchée. Mais la guerre se ranime, Au sud-est de Verdun, la lutte reprend autour du village des Éparges. Nommé sous-lieutenant le 4 mars 1915, Louis Pergaud participe à des attaques sur Marchéville. Il puise une énergie guerrière dans un anti-militarisme très républicain. Que doit être l’Allemagne militariste. Quel gigantesque fumier, qu’elle pourriture morale! Allons-y jusqu’au bout et jetons bas tout ça. Je crois vraiment que c’est l’œuvre de 93 que nous continuons. Il écrit aussi : Le 19, on nous a lancés à l’assaut des tranchées boches formidablement retranchées sur lesquelles l’artillerie n’avait aucun effet. J’ai vu tomber à mes côtés quantité de braves dont le sacrifice héroïque méritait mieux que ça. Au demeurant c’était une opération stupide à tous points de vue. Je n’oublierais jamais ce champ de bataille tragique, les morts, les blessés, les plaintes, la nuit noir illuminée de fusées et les 75 achevant nos blessés accrochés au fils de fer qui nous séparaient des lignes ennemies.

Les combats sont acharnés : Assaut allemand, contre-offensive françaises pour desserrer l’étau. Le 7 avril au soir, le 166e RI reçoit l’ordre de partir pour Fresnes-en-Woëvre et d’attaquer près de Marchéville. Le 8, à deux heures du matin, le sous-lieutenant Pergaud et ses hommes sortent de leur tranchée. Blessé au pied, Pergaud demande à ses soldats de poursuivre l’assaut. Aux premières lueurs du jour, lorsque rescapés de sa section se replient, leur chef est manquant. On n’apprendra plus tard, par un officier allemand, que Pergaud, tout comme les autres blessés de l’attaque, avait été secouru par un médecin français qui avait négocié leur mise à l’abri avec les Allemands, sous condition qu’ils seraient prisonniers. Ce fut à ce moment que l’artillerie française, lança une première slave qui tomba juste sur les blessés français parmi lesquels se trouvait Pergaud. Tous eurent une mort atroce avait trente-trois ans. Son corps ne fut jamais retrouvé.

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