L’ITALIE DANS LA GRANDE GUERRE

Après neuf mois de neutralité, c’est aux côtés de la France et de la Grande-Bretagne que l’Italie, jusqu’alors liée aux empires centraux, entre en guerre en mai 1915. Les soldats italiens livrent bataille sur leur sol avant de venir combattre en 1918 en Champagne et dans l’Aisne. Entre les morts, les blessés et les disparus, les pertes qu’ils subissent s’élèvent ç plus de deux millions d’hommes.

PHOTO 1

Section de mitrailleuses italiennes

Bien que liée aux empires centraux par la triple-Alliance signée en 1882, L’Italie déclare sa neutralité le 2 août 1914. Un choix qui s’explique en partie par les mauvais rapports qu’elle entretient avec l’Autriche sur la question des Balkans et la préparation militaire insuffisante du pays. De plus, les tensions sociales et les dissensions politiques internes sont fortes et la classe dirigeante redoute un événement révolutionnaire. La décision de rester neutre n’apporte cependant aucune solution aux graves difficultés économiques que connaît le pays : Ses exportations chutent tandis que se posent le problème d’approvisionnement alimentaire (grain) et industriel (charbon) et bien vite celui de la pénurie des denrées de premières nécessités; le chômage augmente avec le rapatriement des travailleurs émigrés chassés des pays d’Europe centrale. Le gouvernement italien sera bientôt convaincu de l’opportunité d’intervenir, mais en effectuant un revirement d’alliance. Après des transactions, il signe, le 26 avril 1915, un pacte secret avec les Alliés par lequel il s’engage à entrer dans le conflit avant la fin du mois. Ce qu’il fait en déclarant la guerre à l’Autriche-Hongrie le 23 mai. De multiples raisons expliquent son choix. Il est convaincu que la guerre sera courte; il craint que la neutralité condamne le pays à l’isolement; il nourrit l’espoir que l’intervention resserrera l’unité. Récente, de la nation, calmera les tensions internes et renforcera le consensus des classes moyennes, isolant ainsi les oppositions; il espère aussi conquérir une nouvelle position de prééminence dans la coalition internationale et surtout récupérer les terres irredente Trentin et Haut-Adige, Trieste, Istrie, côte-dalmante qui sont restées sous domination austro-hongroise.

Par ailleurs, dès 1914, plus de 2000 italiens s’étaient portés volontaires pour former en France la légion garibaldienne, créée officiellement en novembre sur une proposition du fils de Garibaldi en souvenir de son père venu se battre aux côté des Français pendant la guerre de 1870-1871. Elle combattit en Argonne avant d’être dissoute quand l’Italie entra en guerre. Sur le front italien, des combats se déroulent dans les Dolomites et le Froul, sur la Piavre, l’Isonzo et sur le plateau d’Asiago. Sur la mer Adriatique, la Marine royale s’oppose à la flotte Autrichienne bloquée à Cattaro. Le 24 octobre 1917, les Italiens subissent une terrible défaite à Caporetto. L’avance des troupes austro-allemandes ne sera arrêtée qu’en novembre sur la Piavre, ou vont bientôt arriver des renforts franco-britanniques. La défaite de Caporetto a fait prendre conscience aux Alliés de la nécessité d’unifier leur stratégie; les autorités anglaises, italiennes et françaises tiennent une conférence Rapallo les 6 et 7 novembre et mettent en place le lendemain un Conseil supérieur de la guerre assisté d’un Comité Militaire constitué des généraux Diaz, Wilson et Foch.

PHOTO 1éà

La conférence de paris

En 1918, au plus fort de l’offensive allemande sur le front Ouest, l’Italie envoie en France environ 41000 hommes ainsi que des troupes d’auxiliaires militaires destinées à effectuer des travaux dans les arrières-lignes. Le 10 avril, le 2e corps d’armée italien (CAI) commandé par le général Albricci arrive en France. La base italienne s’implante à Lyon tandis qu’un arrière-dépôt s’installe à Miramas, près de Marseille. Entre mai et juillet 1918, les italiens combattent dans la Marne (Givry-en-Argonne, montagne de Bligny) dans la Meuse (butte de Vauquois, Avocourt), en Champagne, notamment au sud-ouest de Reims avec la 5e armée française. Le 22 septembre, ils sont sur l’Aisne, au pied du Chemin des Dames. Le 30 ils prennent les hauteurs de Chavonne et s’emparent de Soupir le 1er octobre. Puis, ils passent l’Ailette et participent le 15 è la prise de Sissonne. Le 7 novembre, ils s’emparent du village de Thuel près de Montcornet. La paix est signée, l’Italie acquiert un siège au conseil permanent de la nouvelle société des Nations mais elle n’obtient qu’une partie des terres irridente, ce qui entraîne déception et amertume.

Commentaires:

Laisser un commentaire

«
»