LES ROUMAINS DANS LA GRANDE GUERRE

Restée neutre pendant deux ans à cause de ses liens antérieurs avec les puissances centrales, la Roumanie bascule dans le clan des Allié en 1916. Le pays sortira de la guerre avec un territoire augmenté de plusieurs provinces. Mais les hommes payèrent un lourd tribut à la victoire.

PHOTO 1

Entrée à Bucarest du général Berthelot et de la famille royale, 1er décembre 1918

Lorsque la guerre éclate, le roi Charles 1er de Roumanie décide malgré ses liens de parenté avec l’empereur Guillaume II, de maintenir son pays dans la neutralité. Mais quand les promesses des Alliés de reconnaître le droit de la Roumanie à revendiquer des territoires sous souveraineté. Austro-hongroise se précisent Ferdinand 1er, qui a succédé à Charles 1er en octobre 1914, accepte de signer le 17 août 1916 un traité d’alliance avec les Alliés. Ce traité garantit l’intégrité territoriale de l’État roumain et son droit de réunir les territoires de la monarchie austro-hongroise ou les Roumains sont majoritaires. Dix jours plus tard, la Roumanie déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie, qui reçoit aussitôt le soutien des Allemands et des Turcs puis celui de la Bulgarie. Après une offensive des Empires centraux, l’armé roumain est écrasé. Les Allemands occupent Bucarest le 6 décembre; le roi, le gouvernement roumain et ce qu’il reste de son armée se replient en Moldavie.

Le général français Berthelot part en Roumanie à la tête d’une mission militaire pour restructurer l’armée roumaine disloquée. Dès février 1917, l’effectif atteint à nouveau 400 444 hommes, L’offensive de la reconquête débute le 23 juillet 1917. Mais le nouveau gouvernement bolchevique de la Russie engage des négociations avec les puissances centrales le 3 décembre à Brest-Litovsk et conclu un armistice séparé le 15. La Roumanie reste donc seule face à l’ennemi et elle se trouve alors dans l’obligation d’engager des négociations et de signer un armistice le 9 décembre 1917 à Foscanie. Le 7 mai 1918, la paix de Bucarest sanctionne la défaite de la Roumanie qui passe sous un quasi-protectorat des puissances centrales, mais seulement pour quelques mois, car leur effondrement à partir de septembre lui rend la liberté. Le 10 novembre, le roi décrète une seconde mobilisation générale, alors que les troupes de l’armée du Danube, commandée par Berthelot traversent le fleuve. Le 1er décembre, ce dernier et la famille royale entre dans Bucarest; l’union de la Transylvanie et de la Roumanie est proclamée elle sera confirmée par le traité de Trianon en 1920, donnant naissance à la Grande Roumanie qui en 1919, par le traité de Saint-Germain récupère la Bucovine puis une partie de banat en 1920 par le traité de Trianon, et enfin la Bessarabie la même année.

PHOTO 1

L’armée roumaine, illustration parue dans le supplément du Petit Journal, 17 septembre 1916

Mais les pertes humaines sont très lourdes : 340 000 tués et disparus 300 000 blessés et 300 000 victimes civiles, Les Allemands sont féroces vis-à-vis du peuple roumain auquel ils ne pardonnent pas d’avoir trahi le camp des empires centraux. De même les 100 000 prisonniers de guerre roumains connaissent un sort terrible. 43 000 d’entre eux sont entassés dans des camps en Allemagne. Beaucoup sont transférés sur les fronts ouest et italiens pour y effectuer des travaux de forçats. Les délégués de l’Espagne, pays neutre qui représente les intérêts roumains, ont les pires difficultés à visiter les camps dont certains  demeurent inaccessibles même au Comité international de la Croix-Rouge de Genève. En octobre 1918, seulement 28 000 d’entre eux sont encore en vie. Transférés dans des commandos agricoles, des mines, des usines ou aux abords du front, les prisonniers, sous-alimentés, sont contraints à un travail exténuant sous les coups des gardiens. Le froid de l’hiver 1917 en tue par centaines. Des responsables allemands, comme le général Hauff, bourreau des Roumains en Alsace, seront considérés comme criminels de guerre. De nombreux lieux de mémoires rappelle ces atrocités : à Blaesheim, Strasbourg-Cronenbourg et Haguenau (Bas-Rhin), au Val- de Pâtre à Soultzmatt (Haut-Rhin), à Dieuze (Moselle), à Effry et Hirson (Aisne).

Commentaires:

Laisser un commentaire

«
»