LES CHASSEURS À PIED

Créé en 1840, les chasseurs à pied font partie de l’infanterie à laquelle ils donnent une dimension particulière héritée de leur histoire. Ils se caractérisent par leur rapidité dans l’action, des gens qui pigent et qui galopent dira Lyautey, leur sens de la mission, leur fidélité à la parole donnée, leur esprit d’équipe, leur opiniâtreté.

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Le 1er bataillon de chasseurs à bicyclette

En 1840, le duc d’Orléans décide de réunir dans un corps spécial des tireurs d’élite pouvant se servir de la nouvelle carabine rayée Delvigne-Pontcharra. Ainsi naissent les chasseurs d’Orléans qui, vêtus de bleu, se déplacent au pas de gymnastique, Ils forment bientôt dix bataillons avec un drapeau unique dont chacun à la garde à tour de rôle. Le 8e bataillon s’illustre en Algérie ou 80 chasseurs résistent à l’émir Abd El Kader, se retranche autour de la koubba du marabout Sidi-Brahim : c’est la naissance du mythe fondateur de l’esprit chasseur. Devenus chasseurs à pied en 1884, ils sont de     tous les combats menés  par la France (Italie, Afrique du Nord, Chine, Mexique, Crimée) et, bien sûr, tiennent leur place pendant la guerre de 1870. En 1888, toujours à la pointe de l’expérimentation, douze des vingt bataillons de chasseurs existants se spécialisent dans le combat en montagne et prennent le qualificatif d’alpins, caractérisés par leur vaste béret béarnais appelé tarte. En 1913, dix groupes cyclistes sont formés. Pendant la Grande Guerre, les 78 bataillons de chasseurs et les dix groupes cyclistes en activité s’illustrent tant à Verdun, que sur la Somme, à l’Hartmannswillerkopf, au Linge.

Plus de 100 000 de ces soldats, que les Allemands surnomment les Diables Bleus, trouvent la mort. Leur unique drapeau reçoit la médaille militaire tandis que les unités de chasseurs à pied totalisent 242 citations à l’ordre de l’Armée. Dans l’entre-deux-guerres, le nombre de bataillons est ramené à 23. Ceux-ci servent toujours en métropole et à l’extérieur. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, le nombre de bataillon remonte à 65. On les trouve tant dans les Ardennes qu’en Norvège. Ils constituent ensuite de nombreux maquis comme dans le Vercors ou aux Glières. Pendant la guerre d’Indochine, les hommes du 10e bataillon, les seuls chasseurs à pied à se battre en unité constituée, sont alors parachutistes. 19 bataillons servent en Algérie, Huit deviennent groupes des chasseurs mécanisés en Allemagne.

De retour en métropole, les mécanisés et les alpins, toujours en bleu mais se distinguant par le béret ou la tarte, continuent à développer leurs compétences bien que le nombre de bataillons se réduise à douze. Aujourd’hui, en intervention en OPEX comme leurs camarades de l’Infanterie. Ils ne sont plus que quatre bataillons : Le 7e BCA à Bourg-Saint-Maurice, le 13e à Chambéry, le 16e GC à Saarburg en Allemagne, le 27e BCA à Annecy et à l’école de haute-montagne de Chamonix. Chez les chasseurs à pied, les traditions revêtent une importance particulière et sont un élément essentiel de l’esprit de corps. Groupé autour de leur unique drapeau dont la garde est confiée pour un an à tour de rôle à chacun d’entre eux lors d’une prise d’arme au Château de Vincennes, les bataillons se reconnaissent leurs refrains caractéristiques, à leur hymne la Sidi-Brahim, à leur vocabulaire : Le chasseur ne porte pas un uniforme mais une tenue, il vit dans des quartiers  et non dans une caserne et voue un culte particulier au fanion de son bataillon. Sa tenue de sortie est toujours bleue avec un passepoil jonquille, il arbore un cor de chasse d’argent au béret ou à la tarte.

D’ailleurs, tout est bleu chez lui car l’emploi du mot rouge du drapeau, la Légion d’honneur et les lèvres de la femme aimée. Il parle donc de bleu cerise! Quand il défile, il est derrière sa fanfare (qui ne s’appelle pas musique). Le chasseur à pied est fier de son histoire. Les valeurs particulières transmises par les anciens et confortée par la tradition sont toujours d’actualité et les chasseurs d’aujourd’hui se sentent membre à part entière d’une véritable famille. A l’occasion du 90e anniversaire de l’Armistice, toutes les amicales de chasseurs à pied ont fleuri les stèles et monuments érigés en mémoire de leurs camarades tombés lors de la Grande Guerre.

 

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