ÉMILE DRIANT

Militaire de carrière et figure héroïque de la Grande Guerre, Émile Driant a connu par ailleurs une carrière politique en tant que député. Ses romans d’aventure on fait de lui un écrivain à succès le hissant au rang d’un Jules Verne militaire.

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Un timbre a été émis en 1956 au lieutenant-colonel Émile Driant

Né le 11 septembre 1855 à Neufchâtel-sur-Aisne, Émile Driant entre à Saint-Cyr en octobre 1875. Occupant à plusieurs reprises le poste d’officier d’ordonnance auprès du général Boulanger. Il partage les idées de ce dernier dont il est en outre le gendre. Seize ans plus tard, alors qu’il est commandant, Driant demande son admission dans le cadre de réserve pour protester contre le fichage des catholiques par l’armée. Dans les années qui suivent, Émile Driant participe à la fondation de plusieurs ligues, notamment la Ligue antimaçonnique française. En 1910, élu député nationaliste de la troisième circonscription de Nancy, il s’intéresse à la question des luttes sociales dans la mesure où elles ont un impact sur la défense du pays, persuadé que l’armée joue un grand rôle dans l’éducation des classes populaires. Il vote les lois sur la journée de 10 heures, les retraites, les libertés syndicales, la loi sur le service militaire à trois ans. Membre de la commission de l’armée. Driant participe également aux débats parlementaires sur les défenses de Nancy et de Lille. Il est réélu à l’assemblée nationale en avril 1914.

Lorsque la guerre éclate. Émile Driant demande à reprendre du service alors que son mandat de député et son âge lui permettraient de ne pas aller au front. Le 14 août 1914, il prend le commandement des 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied. Promu lieutenant-colonel en mai 1915, il prend en charge en novembre la surveillance d’une partie du Bois des Caures, à 11 kilomètres au nord de Verdun. Cet homme qui a son franc parler s’insurge en vain contre l’organisation du secteur de Verdun, plus particulièrement contre le désarmement des forts. Le 21 février 1916, Driant et ses hommes sont en position à la lisière nord du Bois des Caures. Lorsque l’attaque terrestre allemande débute, après une gigantesque préparation d’artillerie, le lieutenant-colonel n’a plus sous ses ordres que 300 à 400 des 1300 hommes qu’il commandait. Dans l’après-midi du 22 février. Driant au milieu de ses soldats, mène un combat désespéré contre la poussée allemande. Les chasseurs ne sont plus que 245. Après avoir pris l’avis de ses hommes, il ordonne le repli sur Beaumont pour sauver les survivants qui pourront, par la suite être utiles à leur pays. Driant laisse passer les colonnes devant lui et part le dernier, sa canne à la main, après avoir dispensé des soins à un soldat blessé.

C’est peu après, au moment où il saute dans un trou d’obus pour se mettre à l’abri des tirs allemands, qu’il est tué par plusieurs balles ennemies. Le lieutenant-colonel Driant est si populaire que plus de quatre milles lettres de condoléances parviennent à son épouse, dont une du président de la République et une du roi d’Espagne, et même une lettre, datée du 14 mars 1916, écrit par la mère d’un officier allemand ayant combattu contre lui au Bois des Caures.

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