LE FOND ALLEMAND DE L’ECPAD

La médiathèque de l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD) dispose de fonds photographiques et cinématographiques allemands considérables. Au total, plus de 350 000 clichés et plus de 1000 films couvrant la période de 1939-1945 peuvent être consultés par le public.

PHOTO 1

Après la prise de Paris par les armées allemandes, des ouvriers retirent les sacs de sables protégeant l’Arc de triomphe, juin 1940

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la production audiovisuelle allemande régie par le ministère de la propagande de Joseph Goebbels s’est énormément développée. De nombreux professionnelles d l’image ont ainsi mobilisés au sein des compagnies de propagande. Au total, 5 000 heures de films et environ 3 500 000 photographies furent recensées pour 300 cameraman et 1356 photographes de la Wehrmacht (armée de Terre, de l’Air et de la Marine) et de la Waffen-SS. Fin avril 1945, l’ensemble des photographies est évacués de Postdam vers Templin à travers les lignes alliées en direction de Wiesbaden, ou il est intercepté par les troupes américaines.

Les films des archives du Reich, quant à eux, entreposé dans un tunnel du métro de Berlin, sont transférés début 1945 au sud-est de la ville Rüdersdorfer Kalkbergwerk. En avril, un nouveau transfert par chaland vers le Schleswig-Hostein est organisé mais le navire coule. Quant aux bobines restées à Rüdersdorf, elles sont détruites par les SS ou brûlées par mégarde par les soldats soviétiques. Ainsi cinq millions de mètres de film disparaissent. Par chance, les copies de visionnage des actualités hebdomadaires allemandes, traduites en 40 langues, permettent d’accéder à une partie de la production d’images animées. 

L’établissement  de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD) conserve la partie française de la prise de guerre réalisée par l’armée américaine et partagée entre les Alliés; elle se compose de 1117 films et d’environ 357 000 photographies couvrant l’ensemble de la guerre. Le fond photographique comprend les reportages réalisés par les photographes des trois armées de la Wehrmacht, qui débute en septembre 1939 en Pologne et se termine lors des combats de novembre 1944 sur les fronts de l’Est et de l’Ouest. On y trouve les campagnes victorieuses de Pologne, Belgique et de la France, d’Afrique et de Russie, mais également les retraites allemandes sur le front de l’Est, les Balkans et l’Italie ainsi que les combats en Normandie durant l’été 1944. Les blindés et les fantassins allemands, les pilotes et leurs avions comme les sous-marins et les bâtiments de surface sont mis en avant ainsi que les défenses du mur de l’Atlantique, de la Norvège aux côtes basques en passant par la Méditerranée.

Contrairement aux idées reçues, la politique du IIIe Reich n’est que rarement évoquée dans les photographies conservées à l’ECPAD. En effet, les reporters qui dépendent de la Wehrmacht ont respecté les instructions écrites définissant leur mission, tout écart étant sanctionné par des mutations. Toutefois, entre 1939 et 1943, le mode opératoire a considérablement changé. En effet, alors qu’en septembre 1939, dans les rangs allemands, l’horreur de la guerre ne doit en aucun cas apparaître sur des clichés, les retraites successives de 1943 provoquent un changement radical dans la façon de photographier, autorisant les images les plus réalistes et violentes ou des cadavres de soldats allemands et visages marqués par les combats et les défaites font leur apparitions. À la différence des actualités, pour lesquelles un choix est effectué parmi les rushes, la photographie présente l’intégralité du reportage.

Le fond cinématographique est, quant à lui, composé des actualités hebdomadaires allemandes (171 numéros) et de 946 films dits d’instruction. Consultables en version originale. Du fait de leurs diffusions, les actualités sont conservées dans de nombreux centres d’archives alors que L’ECPAD est seul à posséder des films d’instruction, qui dévoilent les idées politiques et les valeurs prônées par le régime nazi. Ce fond allemand n’est malheureusement ni daté ni pourvu de légendes d’origine. Pour pallier ces difficultés, un traitement documentaire du fond est en cours, en coopération avec le Bundesarchiv allemand. Accessible au public, ce fond se présente sous forme d’albums photographiques et de documents numérisés consultables sur écran. 

Commentaires:

Laisser un commentaire

«
»