GÉNÉRAL ALEXANDRE DUMAS (1762-1806)

Fabuleux destin que celui du général Dumas qui, né esclave en 1762 à Saint-Domingue, allait devenir l’un des plus brillants généraux français sous la Révolution. Il fut pour ses illustres descendants, les écrivains Dumas père et fils, une source d’inspiration romanesque.

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Photo d’Alexandre Dumas

Le 25 mars 1762 à Saint-Domingue la jeune esclave Marie-Cessette met au monde Thomas Alexandre, fils naturel du marquis Davy de la Paillerie. Quand en 1774, le marquis hérite du manoir familiale de Bielleville –en-Caux, il vend Thomas pour payer sa traverse vers la France; il le rachète six mois plus tard, le jeune garçon le rejoint et reçoit l’éducation réservée à un gentilhomme. Le 2 juin 1786, Thomas Alexandre, désormais comte Davy de la Pailleterie, signe sous le nom d’Alexandre Dumas un engagement comme simple cavalier au régiment des Dragons de la Reine, ou il nouera une longue amitié avec trois d’entre eux. En 1789, en détachement à Villers-Cotterêts, Dumas rencontre Marie Labouret fille d’un aubergiste de la région, qu’il épousera trois ans plus tard. Début 1792, le brigadier Dumas sert dans l’armée du Nord. Sa bravoure lui vaut d’être nommé en août maréchal des logis. Sa carrière va connaître une ascension fulgurante. Pour faire face à l’invasion du territoire national, l’assemblée a levée des légions franches; Dumas devient lieutenant dans la légion des Hussards le 2 septembre. Quand, le 6 septembre est créée la légion dite des Américains et du Midi, composée pour partie de créoles, le chevalier de Saint-Georges, homme de couleur et esprit de lumières, en prend le commandement et pour le seconder, fait appel à Dumas, qu’il nomme lieutenant-colonel, celui-ci s’illustre dans l’armée du Nord puis dans celle de l’Ouest. La vaillance de cet officier républicain lui vaut d’être nommé général de brigade le 30 juillet 1793, devenant le premier descendant d’Africain à parvenir à un tel commandement dans l’armée française.

Dumas est promu divisionnaire le 3 septembre; il rejoint l’armée des Pyrénées le 11 avant de prendre le commandement de l’armée des Alpes en janvier 1794. Il conquiert le Petit-Saint-Bernard et le Mont-Ceni puis est désigné, fin août, à la tête de l’armée de l’Ouest. Après avoir ouvertement critiqué les massacres perpétrés contre les Vendéens, il s’ensuit pour celui qu’on surnomme Monsieur l’Humanité une période durant laquelle, en butte à la suspicion des gouvernements successifs, il n’obtient que des commandements temporaires. Cependant, jugé suffisamment fidèle à la République, il est pressenti pour réprimer la révolte des royalistes dans l’ouest parisien en octobre 1794, mais une panne de sa berline l’empêche d’arriver à temps et c’est le général Bonaparte qui le remplace. À l’automne 1796, le Directoire désigne Dumas pour servir en Italie. Il connaît la gloire près de Brixen en 1797, ou sur le pont de Clausen sur l’Adige, il fait face, seul, à un escadron autrichien et est blessé deux fois; cet exploit lui vaut le surnom d’Horatius Coclès. À la veille de l’expédition d’Égypte, il reçoit l’ordre de rejoindre le corps expéditionnaire de Bonaparte, qui au printemps 1798, lui confie le commandement de la cavalerie de l’armée d’Orient.

Il s’illustre dans la région du lac Menzaléh et participe à la répression de la révolte du Caire. Cependant, désapprouvant cette campagne, il prend ses distances avec Bonaparte, qui le poursuit de son mépris. Dumas fais alors valoir des raisons de santé pour regagner la France. Lors de son voyage de retour, en mars 1799, il aborde par erreur la région de Tarente ou il est fait prisonnier et connaît pendant deux ans de terribles conditions de détention. Rentré au pays, ses démarches auprès de Bonaparte pour retrouver un poste restent vaines. Quand ce dernier crée l’ordre de la Légion d’honneur en 1802, Dumas ne fut évidemment pas admise. Il devait pourtant y être reçu de plein droit puisque Bonaparte lui avait déjà attribué un sabre d’honneur à Alexandrie. Mais le lendemain, le Premier consul rétablissait le Code noir l’esclavage dans les colonies (aboli en 1794) et faisait prendre deux arrêts secrets don l’un lui interdisait aux militaires de couleur de demeurer dans la 1ère région militaire ou se trouve Villers- Cotterêts. Le 13 septembre 1802 Dumas est rayé des effectifs mais il obtient cependant de demeurer dans sa ville où il meurt. Peu à peu oublié, le 26 février 1906.

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