PIERRE BOURDAN, JOURNALISTE À RADIO LONDRES

Il y a 78 ans, le 13 mai 1939, naissait Pierre Bourdan, journaliste dont la voix allait devenir célèbre sur les ondes de Radio Londres pendant la Seconde Guerre mondiale. Une grande figure qui incarne l’esprit de résistance.

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Pierre Bourdan

Pierre Bourdan, de son vrai nom Pierre Maillaud, naît les 13 mais 1909 à Perpigan. Fils d’un officier, il est élevé dans la religion protestante et passe une partie de sa jeunesse dans la Creuse, ce dont il se souviendra quand à Radio Londres en 1940, il pendra le pseudonyme de Bourdan, allusion au village de Bourg-d’Hem. Après des études dans divers lycées don le lycée Henri IV à Paris, il fait ses débuts dans le journalisme en 1924 d’abord au Moniteur de l’Afrique du Nord, mais également à la journée industrielle puis au journal Le Soir. En 1932, il entre à l’agence Havas dont il devient le sous-directeur à Londres. C’est à ce titre qu’il assiste en 1938 à l’entrevue entre Hitler et Chamberlain. Devenu, en octobre 1939, rédacteur diplomatique à l’agence Havas, il acquiert alors une grande expérience du journalisme international. En même temps, il prépare une revue de presse quotidienne pour l’ambassade de France à Londres.

Pierre Bourdan rencontre le général de Gaulle juste après son célèbre Appel sur les ondes de la BBC : Il est gonflé, le gars, déclare-t-il à Jean Oberlé, autre future voix de Radio Londres dont ce dernier disait : la radio fut la principale nouveauté de cette guerre. Elle en modifia peu le cours, mais elle permit le contact avec le monde libre d’une partie de l’Europe asservie par l’Allemagne. Entré à Radio Londres, Bourdan participe avec Jean Martin, Jean Oberlé, Jacques Duchesne et bien d’autres à l’émission Ici Londres, les Français parle aux Français qui dure une demi-heure, de huit heures et demi du soir à neuf heures, et qui est rediffusées à plusieurs reprises le lendemain. Pierre Bourdan se charge de la rubrique Commentaire de Nouvelles, qui est très écoutée : C’est le cœur de l’émission, le reste étant consacré à des reportages, des chansons. Bourdan ne veut pas mentir aux Français de la France occupée avec lesquels il entre alors en contact. Il n’hésite pas à dire : Les nouvelles de ce soir sont mauvaises, c’est une mauvaise période à passer, mais tout finira bien, la victoire de l’Allemagne est impossible. Ayant un véritable mépris du danger, Bourdan n’hésite pas à traverser Londres sous les pires bombardements pour aller jouer aux cartes chez des amis.

Dès l’automne 1940, il transforme le bureau londonien de l’agence havas en l’Agence française indépendante dont le réseau de correspondant et de distribution préfigure l’organisation de l’Agence France-Presse et qui envoie dans le monde entier des articles préparés par une équipe de journalistes français installés dans la capitale britannique. Il écrit aussi dans la revue La France Libre. Maîtrisant parfaitement la langue anglaise, Bourdan écrit deux ouvrages destinés au public anglais : France (1942), acte de foi envers son pays, et The English Way (1944). En août 1944, il foule le sol français avec la 2e division blindée du général Leclerc dont il est le correspondant de guerre entre 1944 et 1945. Fait prisonnier à Rennes, il parvient à s’évader d’un train en marche et pénètre avec les chars français dans Paris et Strasbourg libérés. Il raconte l’histoire de cette époque dans Carnet des jours d’attente puis Carnet de retour. En 1947, il publie Commentaires de Londres.

Député puis ministre

Après la guerre, Pierre Bourdan est élu député dans les deux assemblées constituantes (Creuse, octobre 1945, puis Paris, juin 1946). Réélu à l’assemblée législative en novembre 1946, il devient ministre des Arts et des Lettres, chargé de l’information en janvier 1947 dans le cabinet Ramadier. Il poursuit également son activité journalistique (Bref, LA Jeune République, Le Figaro). Il est à l’Origine de la loi du 28 février 1948 qui rétablit la liberté de la presse et veille à la réorganisation de l’Agence France-Presse. Dans le domaine des Arts et des Lettres, il institue l’aide à la première pièce en faveur des auteurs dramatiques. Ayant cessé ses fonctions ministérielles à l’automne 1947, il reprend sa carrière de journaliste. Pierre Bourdan meurt accidentellement le 13 juillet 1948 au cours d’une excursion en mer près du cap Nègre.

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