1919,LA VIE REPREND SON COURS À SOISSONS

Si Soissons est restée sous le feu direct de l’artillerie allemands pendant presque toute la guerre, c’est surtout de juin à septembre 1918 que les destructions furent les plus importantes. Au mois d’octobre lorsque les premiers Soissonnais se risquent à pénétrer dans la ville, un spectacle de désolation s’offre à leurs yeux : Les maisons sont en ruines, les rues disparaissaient sous des amas de pierres et de gravas, un silence de mort règne partout.

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La ville de Soissons pratiquement détruite 1919

Dès la fin de l’année 1918, quelques habitants reviennent à Soissons et réparent ce qui reste de leur maison avec les moyens de bord et le papier goudronné distribué par l’État. Quelques commerçants réaménagent leur boutique comme ils peuvent. Miraculeusement épargné, l’hôtel de la Croix d’or peut rouvrir ses portes, mais sans chauffage ni électricité. Au début de 1919, environ 1500 habitants sont rentrés. Le 10 février, le Conseil municipal réuni pour la première fois, dresse un constat accablant : 2000 maisons sont détruites, 1000 subsistent et peuvent être réparées plus ou moins rapidement. La municipalité compte sur l’action de l’État, mais elle doit vite déchanter car les différents services qui ont été créé (travaux de première-urgence), de reconstitution immobilière, etc. Sont à peine organisés. La tâche est immense et, avec les premiers beaux jours, les demandes de retour se font de plus en plus pressantes. Pour faire face aux besoins de logement, la Ville espère obtenir de l’État 2000 habitations provisoires, mais dans quel délai. Lorsque George Clemenceau vient visiter Soissons le 6 juillet 1919, le maire Fernand Marquigny se plaint de l’inefficacité des services de l’État.

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Fernand Marquigny 1876-1942 maire de Soissons

Avec Opiniâtreté, la municipalité rétablit les approvisionnements l’usine des eaux et les abattoirs sont la priorité mais il faut aussi aider les commerçants à se réinstaller. Aussi leur met-on à disposition la place Saint-Christophe, qui en quelques mois, devient une véritable zone commerciale qui comprend même un cinéma, aménagé dans une ancienne baraque de l’armée. Enfin si l’on veut reconstruire vite, il faut pouvoir loger des ouvriers. Des terrains sont acquis à la périphérie de Soissons et des habitations provisoires sont construites à partir de matériaux récupérés dans les ruines. Les écoles sont remises en service au cours de l’année 1919. C’est plus difficile pour l’hôpital, qui nécessite des moyens financiers considérables. Heureusement, l’action sanitaire des dames américaines dirigées par Anne Morgan permet de secourir les plus démunis.

Il faudra quinze ans pour reconstruire la ville

La vie reprend donc peu à peu. Une fois relogé tant bien que mal, chacun fait le bilan de des pertes qu’il a subies. La commission des réparations, qui vient d’être créée, instruit les premiers dossiers d’indemnisations. La création des coopératives de reconstruction va rapidement permettre de palier la carence des pouvoirs publics. Alors se met route un immense chantier. Un train à voie métrique est mis en circulation. Partant de la gare, il fait le tour des quartiers démolis avant de gagner la périphérie de l’agglomération, permettant ainsi d’approvisionner les chantiers. D’évacuer les déblais inutilisables et d’acheminer les sables extraits de grèvières.

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Les commerces provisoires de la future place Fernand Marquigny

Au début de 1920, on se préoccupe d’établir un nouveau plan d’urbanisme. Non sans mal, car les services de l’État doivent l’approuver et leur conception de la future ville ne correspond pas à celle de la municipalité. Il faudra quatre ans de discussions pour se mettre d’accord sur un projet. Tout a été revu, l’implantation des bâtiments publics, l’alignement des rues, la situation des ponts sur l’Aisne. Le financement de la reconstruction N’est pas la moindre difficulté. L’État ne parvenant pas à faire face tant à la demande des régions dévastées est importante. Avec l’autorisation du gouvernement, la Ville souscrit auprès du Canada un emprunt, garanti par l’État français et remboursable sur quinze ans en trois échéances. C’est à peu près le temps qui sera nécessaire pour reconstruire Soissons.

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