VEUVES ET ORPHELINS DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

La Première Guerre mondiale plonge près de 600 000 veuves de guerre et près de 800 000 orphelins dans la détresse. Les conditions difficiles dans lesquelles vivent nombre de ces femmes, qui ne peuvent plus subvenir correctement à l’éducation de leurs enfants, incitent l’État à prendre des mesures pour leur assurer les ressources nécessaires.

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Monument aux morts d’Angoulême

Avec près de 1,4 millions de soldats morts, 5,5 millions de blessés, 1 117 000 invalides et 1 393 000 soldats morts pour la France, soit 10 % de la population active masculine et 1/5 des hommes de moins de 50 ans : La Première Guerre mondiale représente une véritable hécatombe pour la population française. pour la France, la Grande-Bretagne est une hécatombe, Les veuves et les orphelins sont dans la plus grande détresse physique et morale. Durant le conflit, de très nombreuses femmes ont participé à l’effort de guerre, remplaçant au sein du système de production les hommes partis sur le front. Une fois la paix revenue, nombre d’entre-elles se trouvent en situation de précarité. Les conventions sociales incite les employeurs à embaucher des hommes plutôt que des femmes à qui l’on demande de regagner le foyer familial afin d’élever leurs enfants. Certes la France reconnaît le sacrifice consenti par les mères et les épouses qui trouvent leur place dans l’architecture de nombreux monuments aux morts. Les femmes y sont représentées comme des héroïnes pleurant celui qui a donné sa vie pour la Patrie et soutenues par leurs enfants, ou comme les combattantes, brandissant le glaive pour abattre le fléau la guerre qui leur a pris ceux qu’elles aimaient.

La vive émotion provoquée par la situation difficile des veuves incite l’État à prendre des mesures pour leur assurer des ressources indispensables en leur attribuant des emplois réservés dans la fonction publique en leur allouant des pensions. Des lois sont votées qui leur accordent des aides financières. Celle du 31 mars 1919 reconnaît aux militaires blessés et en leurs ayants cause le droit d’obtention d’une pension. La loi du 24 juin 1919 étend ce droit aux victimes civiles de la guerre et en leurs ayants cause. Une femme est considérée comme veuve de guerre, et donc autorisée à faire valoir les droits afférents à ce titre, si elle est l’épouse d’un militaire mort en service ou mort des suites de blessures ou de maladie contractées pendant le service, le 20 janvier 1920, le ministère des pensions, des primes et des allocations de guerre est créé, avec à sa tête André Maginot pour appliquer cette législation.

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Dans un cimetière parisien, 1er novembre 1918.

Des aides financières pour les orphelins de guerre

Dès 1917, l’État prend des mesures pour subvenir aux besoins financiers et à l’éducation des enfants des soldats morts en service. La loi du 27 juillet 1917 crée le statut de pupille de la Nation. Par son article 1, la France adopte les orphelins dont le père, la mère ou le soutien de famille a péri, au cours de la guerre de 1941, victime militaire ou civile de l’ennemi. Un enfant adopter par l’État à la suite d’un jugement du Tribunal de grande instance demandé soit par le tuteur légal de l’enfant, soit par l’État lui-même, devient pupille de la Nation. Ce statut ne peut toutefois être accordé que si l’un des cinq conditions suivantes est remplie : L’enfant est orphelin dont le père ou le soutien de famille est mort à l’ennemi, l’enfant est orphelin dont le père, la mère ou le soutien de famille est mort de blessures ou de maladie contractées lors de la guerre L’enfant est orphelin dont le père, la mère ou le soutien de famille est mort des suites de violences ou de sévices de l’ennemi, l’enfant est mineur dont le soutien de famille est atteint d’invalidité telle qu’elle ne lui permet pas de subvenir correctement à l’éducation de l’enfant dont il est le tuteur.

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Carte postale diffusée par le Comité de réhabilitation accompagnée de la mention Cher Martyr ! Tu seras vengé ! Août 1923 à Sartilly.

L’enfant est lui-même victime de guerre. De cette loi découle la création d’un Office national des pupilles de la Nation qui contribue à l’éducation et la formation de ces enfants. Dépendant d’abords du ministère de l’instruction publique, cet organisme est finalement intégré à l’Office national des mutilés et réformés de la guerre créé en 1916 qui deviendra l’Office national des anciens combattants (ONAAC). Dans le même temps, des écoles militaires accueillent des pupilles de la Nation, tandis que d’autres sont créé spécifiquement pour eux, soit par l’Office, soit par les armées elles-mêmes. 

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Les orphelins de la colonie agricole et ménagère de Dampierre-sur-Salon en promenade.

La pension orpheline de guerre est accordée à un enfant mineur légitime ou légalement reconnu si sa mère est décédée, déchue de ses droits ou inapte à exercer ses devoirs de chef de famille. Les lois qui régissent la reconnaissance d’un mineur comme orphelin de guerre et l’attribution des pensions qui découlent de cette reconnaissance sont les mêmes que celles qui concernent les veuves de guerre.

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