LES COMBATS DE BAZEILLES

Bazeilles : hauts faits d’armes dans une bataille perdue, dans une guerre perdus, déclara en 1953 le général Borgnis-Desbordes. Inspecteur des troupes coloniales. Dans les sombres jours de l’été 1870, la bataille de Bazeilles apparaît comme un rayon de gloire ou s’illustrèrent Marsouins et Bigors des troupes de Marine.

PHOTO 1

Charge de l’infanterie de Marine à Bazeilles le 31 août 1870, peinture de Lucien-Pierre Sergent

Dès le début du conflit qui, en 1870, oppose la France à la Prusse, la supériorité de cette dernière, tans numérique que matérielle, s’avère incontestable. Au lendemain des défaites alsaciennes, des 4 et 6 août, Mac-Mahon replie l’armée d’Alsace, affaiblie et démoralisée, sur le camp de Châlons, tandis que l’armée d’armée  du Rhin, dirigé par Bazaire, regagne Metz après la défaite de Saint-Privat.

Mi-août prenant la tête de l’armée de Châlons, Mac Mahon reçoit l’ordre de rejoindre Bazaine, supposé se replier sur Verdun. Ignorant de la position exacte de l’armée du Rhin, le gouvernement fonde entièrement sa stratégie sur des suppositions, qui se révéleront fausses. Dès le 21 août, Mac Mahon, obéissant aux ordres reçus, amorce une marche incertaine vers le nord. L’ennemi est en route vers Paris, ne tarde pas à éventer la stratégie française et part à sa poursuite. Mac Mahon sent peu à peu l’étau se resserrer autour de lui, tandis que Bazaine reste passivement  encerclé à Metz.  À la recherche de cette armée du Rhin introuvable, les hommes sont exténués par d’interminables jours de marche. Le 30 août, l’armée de Châlons arrive enfin à Sedan ou Mac Mahon espère ravitailler ses hommes et non combattre. En effet, la ville située au fond de la vallée de la Meuse, constitue une position indéfendable. Averti de l’avancée allemande, il envoie l’armée de Lebrun au village de Bazeilles, pour prévenir toute attaque ennemie par le sud. Le 31 août au soir, l’armée de Mac-Mahon est pratiquement prise au piège.

Au sud de Sedan, la division de Marine, appelée aussi Division bleue, parvient durant des combats acharnés au corps à corps à repousser les Bavarois parvenus jusqu’à Bazeilles. Le 1re septembre, à l’aube ces derniers réinvestissent le village, le croyant vide. Ils se font surprendre par une contre-attaque de 150 Marsouins. Une chasse à l’homme s’ensuit, transformant chaque recoin du village en théâtre sanglant. De nombreux civils prennent également part aux combats. Pour récompenser leur action, la Légion d’honneur fut décernée au village de Bazeilles. Deux événements inattendus se produisent. Le général Ducrot, devenue commandant en chef du fait de la blessure de Mac-Mahon, ordonne une retraite sur Mézières. C’est alors que le général de Wimpffen, revendiquant le commandement en chef de l’armée qui lui reconnaît une ordonnance du ministre de la guerre, ordonne de réoccuper les positions abandonnées et fait de Bazeilles un élément-clé de sa stratégie.

PHOTO 1

Bataille de Bazeilles : Maison des dernières cartouches musée d’Orsay, Paris (1873)

De nouveaux combats se succèdent dans le village, à un contre dix. Le nombre à bientôt raison du courage des troupes de Marine. Réfugiés dans l’auberge de la Boulangerie, à l’entrée de Bazeilles, des Marsouins font parler une dernière fois leur chassepot, inspirant le célèbre tableau patriotique d’Alphonse de Neuville, les dernières cartouches. Cependant dès la fin de la matinée, le désastre est inévitable. L’armée française est alors complètement encerclée. Napoléon III, dont l’incapacité à agir, a été totalement durant le conflit, fait hisser le drapeau blanc au-dessus de Sedan, le 2 septembre 1870, la capitulation est signée, précipitant la chute du Second Empire. Cette défaite ne doit pas faire tomber dans l’oubli l’héroïque épisode de Bazeilles, ou l’armée allemande perdit deux fois plus d’hommes (de l’ordre de 5000 soldats) que l’armée française (environ 2650 soldats.

Commentaires:

Laisser un commentaire

«
»