6JUIN SWORD BEACH

Choisie comme lieu principal de commémoration du 73e anniversaire du débarquement de Normandie, la zone de Sword est l’une des plages ou se déroulèrent les combats. Retour sur les événements de la journée du 6 juin 1944.

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Les plans alliés prévoient cinq zones de débarquements sur les plages de Normandes qui s’étendent entre le lieu-dit La Madeleine dans la Manche et Ouistreham, dans les Calvados, Ce sont d’ouest en est : Utah Beach et Omaha Beach ou débarquent les Américains; Gold Beach, Juno Beach et Swords Beach, ou débarquent les Britanniques. Les canadiens et le contingent français. Le dernier secteur constitue le flanc gauche du front d’invasion. Long de 8 kilomètres, entre Lion-sur-Mer et Ouistreham. Il s’appuie sur l’Orne, fleuve dont les principaux points de passages ont été la cible des opérations aéroportées britanniques dans la nuit du 5 au 6 juin.

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La 3e division d’infanterie britannique (3rd ID), soutenue par la 27e brigade blindée (27th AB), est chargée de l’opération. L’ensemble représentent plus de 22000 hommes et plus de 220 chars moyens (Sherman) et léger (Stuart). En plus les assaillants disposent de chars spéciaux, lance-flammes, démineurs, regroupés au sein du 22e régiment de dragons. Enfin, un important appui aérien et maritime leur est accordé pour préparer le débarquement lui-même en détruisant les positions allemandes et pour appuyer ensuite leur progression dans les terres. Les objectifs assignés à forces sont les suivants : La 8e brigade de la 3rd ID, soutenue par un régiment de chars de la 27th, doit établir une tête de pont, ensuite une autres brigade de la même division la 185e, soutenue par un régiment de chars doit progresser vers Caen et prendre la ville, C’est, en effet, un carrefour routier stratégique proche d’un aérodrome important (Carpiquet). Pendant ce temps la 9e brigade doit établir la jonction avec les Canadiens débarqué à Juno Beach tandis que 1st Spécial Service Brigade, à laquelle appartient le commando français du commandant Kieffer, doit s’emparer d’Ouistreham et établir le contact avec les unités parachutées dans la nuit.

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Soldats américains et enfants autour d’un portrait du général de Gaulle en août 1944

Une réaction allemande tardive

Du côté allemand, deux unités de la Wehrmacht sont principalement impliquées dans les combats du 6 juin. Tout d’abord la 716e division d’infanterie (76 .ID) qui occupent les défenses côtières. C’est une unité de constitution tardive qui n’a jamais connu le combat. Elle est composée d’effectifs âgés ou considérés comme peu fiable. Elle regroupe près de 8 000 hommes dont seulement trois compagnies (600 à 1000 hommes) occupent des positions faiblement fortifiées dans le secteur de Swords. Plus dangereuse et aguerrie est la 21e division blindée (21.PzD) qui comprend entre 18 et 20 000 hommes mal équipés notamment en blindés. Si son régiment de chars  (Pz.Rgt.22) a environ 150 engins, seule une centaine (PzKfW-IV) est assez moderne pour pouvoir lutter contre les chars alliés. Les autres comme une partie des matériels de l’unité, sont des prises de guerre françaises (Somua S-35 Hotchkiss) de 1940 ou russe de 1941-1942.

Quant aux plans de l’état-major allemand, ils s’offrent, tout d’abord, de l’effet de surprise du débarquement et de la difficulté à déterminer si celui-ci est une opération de diversion. Par ailleurs, des désaccords se font jour entre les différents commandants supérieurs à l’Ouest (notamment Rommel, von Rundstedt). De ce fait, les grandes unités blindées allemands  ne sont pas forcément bien placées pour réagir rapidement ç l’annonce du débarquement. Ne sachant pas quel sera l’axe principal d’effort des Alliés, la décision de les engager est prise tardivement. Sur cette partie du front, les opérations commencent donc par le parachutage de la 6e division parachuté (6th AB) quelques minutes après minuit. Dans le secteur de Swords, la première vague d’assaut embarque vers 5h30 alors que le destroyer norvégien Svenner est coulé par une vedette lance-torpilles allemande au large et que la Royal Navy ouvre le feu sur les positions allemandes.

Le bombardement naval prend fin à 7h20 environ. Les chars spéciaux débarquent sur les plages avec les premières unités d’infanterie. Le commandant Kieffer débarque devant Hermanville-sur-Mer. Dès 8 h00, la majorité des combats se déroulent déjà dans les terres. À13h00, la liaison est établie sur les bords de l’Orne avec les parachutistes de la 6th AB mais pas avec les forces canadiennes. Vers 16h00 intervient la seule contre-attaque de la journée. La 21.PzD essaie de repousser les Alliés en engageant notamment les chars du Pz.Rgt 22 et des éléments d’un régiment de grenadiers (Pz. Gren. Rgt-192). Ces derniers atteignent même la côte aux environs de Luc-sur-Mer vers 20h00. Néanmoins, les chars n’ont pas suivi : Ils ont subi de lourdes pertes sous les coups de l’aviation alliée, puis de l’artillerie de ligne (cuirassés et croiseurs) et enfin des unités blindées et anti-char qui ont déjà débarqué.

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Carte de la plage de Sword Beach

Le plus dur reste à faire

À la fin de la journée, si les Alliés ont réussi à prendre pied sur le continent, ils n’ont pas pour autant atteint l’ensemble de leurs objectifs. Caen, pourtant seulement 15 kilomètres des plages, n’a pas pu être prise. La ville ne sera libérer que le 20 juillet, après de durs combats et sa destruction quasi-totale, notamment à cause des bombardements aériens. La liaison avec le secteur canadien n’a pu être établie, même si plus de 28000 hommes et 2600 véhicules ont d’ores et déjà débarqués. Les pertes (630 tués ou blessés) sont proportionnellement moindres que celles enregistrées dans le secteur d’Omaha Beach (3000 tués et blessés). Les pertes Allemandes sont sûrement plus importantes mais invérifiables. Cet échec relatif peut s’expliquer par deux facteurs, Le premier est l’engorgement rapide des plages. Les unités blindées ne peuvent pas s’organiser et progresser rapidement pour mener l’attaque des Allemands : Bien qu’elle n’ait pas réussi à refouler les Alliés à la mer, elle a permis d’établir une position défensive entre les britanniques et Caen. Cette première journée a prouvé la bonne conception de l’ensemble des opérations. La création de la tête de pont a permit l’ouverture d’un nouveau front stratégique. Elle a démontré cependant que la victoire ne sera pas facile. Les semaines de combat qui vont se dérouler en juin et juillet dans les haies de Normandie en attestent. Le plus dure reste à faire.

 

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